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Emploi: ces nouvelles aptitudes que recherchent les employeurs

Flexibilité, ouverture, remise à jour des connaissances de manière ponctuelle… Autant de nouvelles aptitudes que requièrent les entreprises de nos jours. Outre les formations, l’intelligence émotionnelle est une qualité transversale, tout comme cultiver une bonne attitude professionnelle. Le point avec des professionnels du recrutement.

L’apport de la technologie

Alors que l’année 2019 est déjà bien entamée, le marché de l’emploi est en plein essor. Toutefois, fini l’époque où l’on se contentait de se former sur les bancs de l’université avant de chercher un travail. Avoir une licence ou une maîtrise n’est pas non plus une finalité en soi. Roland Dubois, ancien responsable du Youth Employment Programme, ex-directeur du Mauritius Institute of Training and Development et directeur de Roland Dubois Consulting Ltd, en sait quelque chose.

«De nos jours, les entreprises cherchent des employés avec des formations qui cut across plusieurs disciplines», explique-t-il. Un changement directement lié à l’apport de la technologie. C’est le cas pour le secteur financier par exemple. «Plus que la comptabilité traditionnelle, l’on parle aujourd’hui de FinTech», avance notre interlocuteur. Notons à cet effet l’émergence des technologies blockchain ou encore l’apport de l’intelligence artificielle dans la création de logiciels et de traitement de données financières.

Salim Peer, directeur de Castille Mauritius, filiale locale d’une société de recrutement maltaise spécialisée dans le secteur financier et les TIC, ajoute pour sa part que la comptabilité mène à des postes et secteurs encore plus pointus. «De nos jours, on parle beaucoup d’analystes financiers, des filières commerce et de la finance (trade and finance), du marché des dérivatifs, de l’investissement ou encore du marché des matières premières», fait-il ressortir.

Du côté des TIC, pas question non plus de se contenter d’un diplôme exclusivement dédié à l’informatique. «Avoir une certification ou une formation en gestion en sus des connaissances techniques de l’informatique offre de meilleures perspectives de carrière», souligne Salim Peer. La mobilité et la flexibilité sont également de mise, d’autant plus que bon nombre d’entreprises locales travaillent de plus en plus avec des marchés extérieurs.

«Soft Skills»

Par ailleurs, les employeurs recherchent de plus en plus des soft skills, des aptitudes que l’on n’apprend pas forcément sur les bancs de l’école. Parmi les soft skills les plus recherchés, l’on retrouve la capacité à être «visionnaire (aptitude principalement recherchée dans les PME en croissance qui veulent un collaborateur pouvant se projeter sur le moyen et long terme), avoir de l’audace (des employés respectueux mais qui s’expriment, affirment leurs opinions et prennent des initiatives pour soutenir les activités de l’entreprise), enfin on parle de plus en plus d’intelligence émotionnelle», explique la Communication and Recruitment Specialist de MyJob.

L’intelligence émotionnelle est une aptitude de plus en plus «indispensable» selon Aurélie Marie, étant un «gage d’une grande capacité d’écoute, de remise en question et d’empathie», des aptitudes très prisées en entreprise. Il faut ajouter à cela la capacité d’adaptation, du sens de l’organisation, à comprendre et analyser une situation et «trouver des solutions adaptées». Roland Dubois abonde dans le même sens. «Avoir une bonne attitude, démontrer de la flexibilité et le goût de l’effort font partie des bonnes attitudes que cherchent les entreprises», soutient-il. Outre l’aspect compétence et formation, ce sont pour nos interlocuteurs, les fondamentaux de l’employabilité.

Les jeunes connaissent-ils ces nouvelles tendances ? Comprennent-ils la nécessité de développer des soft skills ? Pas vraiment à en croire Aurélie Marie. «Il y a un sérieux manque d’information et certains candidats prennent à la légère les bons réflexes, attitudes et les codes de conduite en entreprise sans réaliser qu’ils se mettent eux-mêmes des bâtons dans les roues», observe la Communication and Recruitment Specialist de MyJob.mu. Attitude que déplore également Roland Dubois.

«Upskilling» et «Reskilling»

Parlant du besoin de formation en continu, Roland Dubois est d’avis que la formation en ligne est une option très intéressante et accessible pour les professionnels comme pour les étudiants. C’est la raison pour laquelle son entreprise s’est associée au géant de la formation en ligne Udemy. Celui-ci compte offrir des formations dédiées aux entreprises privées, au secteur public et aux universités.

Parmi les principales demandes du secteur privé : tout ce qui a trait à la transformation numérique, comme le marketing numérique ou encore les next generation business economics. «Auparavant, la plupart des entreprises s’appuyaient sur les diplômes comme gage de connaissances. Mais de nos jours, elles recherchent surtout des candidats avec des compétences pratiques qui les aideront à se développer. C’est pour cela qu’il faut miser au-delà des qualifications traditionnelles», a souligné Richard Qiu, vice-président et responsable de Business Development chez Udemy en déplacement à Maurice la semaine dernière. Il s’agit également pour les personnes ayant un emploi de mettre à jour leurs connaissances ou de se réorienter, ce qu’on appelle l’upskilling et le reskilling dans le jargon.

Toutefois, ils semblent être très peu à comprendre ces nouvelles dynamiques du marché de l’emploi d’après Roland Dubois. «Ceux qui sont à l’université se concentrent uniquement sur le curriculum, passant à côté des nouvelles tendances dans le monde du travail», déplore notre interlocuteur. Le directeur de Roland Dubois Consulting blâme le manque de career guidance et de recherches de la part des jeunes. «Il faudrait plus de rencontres entre les entreprises et les étudiants», pense Roland Dubois.

Pour Aurélie Marie, les jeunes devraient impérativement faire le bilan de leurs compétences, leurs qualités professionnelles et leur projet de carrière. «Évaluez vos options, informez- vous auprès des professionnels, faites des visites en entreprise, découvrez les métiers avant de faire votre choix de carrière. Une fois le métier choisi, assurez-vous qu’il y ait l’offre d’emploi pour ce métier», conseille-t-elle aux jeunes. Des conseils importants compte tenu du nombre élevé de diplômés au chômage qui se retrouvent sur le marché du travail chaque année. Ils étaient 9 700 en 2017, soit 23 % du nombre total de chômeurs.

De plus, il est important pour les jeunes de choisir des formations professionnelles qui «incluent connaissances théoriques et mise en pratique à travers des stages», d’autant plus que l’un des critères majeurs chez les entreprises reste l’expérience, en sus des qualifications. Dernier conseil, et non pas des moindres, de la part d’Aurélie Marie : «Sortez de votre zone de confort, confrontez-vous au monde du travail, n’ayez pas peur d’essuyer des échecs s’il le faut pour apprendre, comprendre et développer vos compétences.»

Les secteurs qui recrutent : BPO, TIC et hôtellerie

En ce début d’année, le plus gros demandeur d’emploi est l’hôtellerie, avance la Communication and Recruitment Specialist de MyJob.mu. L’hôtellerie et le tourisme représentent un quart des offres disponibles sur le site de recrutement en ligne. «Le secteur des TIC, celui de la restauration et de la finance également proposent de nombreuses opportunités d’emploi en ce début d’année», ajoute Aurélie Marie.

Le secteur du Business Process Outsourcing (BPO) et plus globalement celui des services ont également le vent en poupe, avec 350 postes disponibles sur le site de recrutement. Quant aux postes les plus demandés chez MyJob.mu, l’on retrouve les Accounts Assistants, conseiller client, technicien informatique, Software Engineer, développeur Web, assistant administratif ou encore cuisinier et vendeurs, énumère notre interlocutrice.

Chez Castille, l’on souligne que le secteur des TIC recrute énormément de jeunes, qu’ils soient fraîchement diplômés ou expérimentés. Toutefois, «on fait toujours face à un manque de main-d’oeuvre qualifiée sur le marché local surtout au niveau des développeurs Java, FullStack, et autres consultants Python, ERP et SAP entre autres», souligne Salim Peer. D’ajouter que cette tendance ne concerne pas uniquement Maurice. «La tendance est mondiale aujourd’hui en termes de rareté », note-t-il. Plusieurs postes sont à pourvoir sur le site de Castille, notamment ceux de General Manager, de Head of Finance, CEO-Fintech, Senior Financial Accountant, Insurance Administrator ou encore Linux System Administrator et plusieurs postes dans la filière Software Development.

Les secteurs agricole et manufacturier reculent au profit des services

Le rapport de Statistics Mauritius sur l’emploi et le chômage au cours de la décennie 2007-2017 paru en mai 2018, est très révélateur de l’évolution économique du pays qui est passé du secteur agricole vers la manufacture avant de transiter vers les services. «Le secteur tertiaire (services) a pris au fil du temps une place importante du marché de l’emploi. De 2007 à 2017, le nombre d’emplois dans ce secteur est passé de 281 800 à 372 600, englobant ainsi 68 % du marché de l’emploi à ce jour», fait ressortir Statistics Mauritius dans son rapport.

Quid du secteur agricole et manufacturier ? L’emploi dans ces secteurs est en déclin depuis ces dernières années, au profit du secteur tertiaire. Comprenant 44 100 employés en 2007, le nombre de personnes travaillant dans le secteur agricole n’était plus que 38 800 en 2017, ce qui est le résultat du déclin du secteur agricole. Même tendance au niveau du secteur secondaire (manufacturier) avec une baisse de 23 200 emplois entre 2007 et 2017.

De l’autre côté, la main-d’oeuvre locale gravit les échelons, occupant des postes de plus en plus importants, comme ceux de législateurs, directeurs, hauts cadres et techniciens de haut calibre. Selon Statistics Mauritius, s’ils n’étaient que 15,7 % des employés à occuper ces postes en 2007, ce taux a grimpé à 23,9 % en 2017. Ces postes comprennent bien évidemment les plus fortes rémunérations, avec un salaire moyen de Rs 38 200 par mois, dépassant de très loin le salaire minimum…

Source – L’Express.mu

Veda Dean : «J’ai abandonné des études en médecine pour la créativité»

L’an dernier, l’entreprise a lancé Discover (Mauritius)™, la première plateforme mobile touristique entièrement dédiée à faciliter la découverte de Maurice et à la promotion de la culture mauricienne.

D’origine indienne et mariée à un Mauricien, Veda Dean est entrepreneure passionnée par l’art et la créativité. C’est durant ses études en médecine pour devenir cardiologue qu’elle a décidé de poursuivre sa vraie vocation. Aujourd’hui, sa société Panda & Wolf Ad Agency est un succès.

Veda Dean a lancé son startup, Panda & Wolf Ad Agency, en novembre 2014, dans la Grande Péninsule et depuis janvier 2017, l’entreprise s’est relocalisée à Maurice. « En tant que fervents promoteurs de la technologie de pointe, nous proposons divers services tels que des systèmes numériques intégrants,  l’intelligence artificielle, le « data scrapping » et la réalité augmentée. Nous développons également des applications mobiles qui fonctionnent sans connexion Internet et des sites web (Progressive Web Applications) », explique-t-elle. À ce jour, Panda & Wolf figure parmi les 500 compagnies les plus novatrices d’Afrique pour l’année 2018, selon la Banque d’Afrique et l’African Entrepreneur Awards.

L’an dernier, l’entreprise a lancé Discover (Mauritius)™, la première plateforme mobile touristique entièrement dédiée à faciliter la découverte de l’île et à la promotion de la culture mauricienne. « Discover (Mauritius) ™ est d’ailleurs certifiée 100 % Made in Moris. Nous sommes reconnaissants de pouvoir bénéficier du soutien de  l’Association of Mauritian Manufacturers.

En tant que startup, l’AMM nous ouvre les portes de son réseau et nous permet d’apprendre d’autres entrepreneurs et innovateurs de l’île », fait ressortir Veda Dean. Le projet Discover (Mauritius)™ est aussi reconnu par l’African Travel Association et il est présentement en lice pour les Southern Africa Startup Awards 2018.  « En quelques mots, notre agence, c’est tout le professionnalisme du loup allié à la créativité et au fun du panda », indique-t-elle.

Mais comment a-t-elle décidé de se lancer dans ce domaine ? « En effet, j’étudiais la médecine dans le but de devenir cardiologue, mais j’ai toujours été portée par la créativité. J’ai très vite compris que ma voie, ce n’était pas de disséquer des gens, mais plutôt de les toucher grâce à l’art », raconte-t-elle.  C’est ainsi qu’elle a laissé tomber la médecine et s’est dirigée vers le Central Saint Martins College, à Londres.  « Cette expérience m’a permis de me spécialiser dans les beaux-arts, le collage contemporain, l’illustration et la typographie », dit-elle. En parallèle, Brian, son époux, travaillait alors dans le département photographie de Vogue, à Paris, et avait été transféré chez Vogue India. « C’est de cette façon que j’ai rencontré le loup de notre compagnie et que nous avons atterri ensemble dans ce domaine », ajoute-t-elle.

Travail d’équipe

Ses journées commencent à 4 heures. « Je m’occupe de la maison et me rends au travail à 6 h 30. Le fait de me lever tôt me permet de bien m’organiser. Nous arrivons au bureau à 7 heures et j’attaque immédiatement ma journée », poursuit-elle. Elle dit avoir la chance de travailler avec son époux dans la compagnie qu’ils ont bâtie ensemble. « Il me soutient au quotidien et nous faisons un véritable travail d’équipe et déléguons ensemble les tâches du jour. En tant que couple d’entrepreneurs, nos journées ne sont jamais des « 9 to 5 » mais plutôt du 24/7 », souligne Veda Dean.  Pour elle, l’élément essentiel qui consolide leur train de vie effréné, c’est le « time management » et une bonne discipline de soi.

Source – DéfiMedia

[Made in Océan Indien] Faire carrière dans le web développement à Maurice

Dans l’imaginaire collectif, le web développement est un monde éminemment masculin. Halte aux clichés, cet univers ouvre désormais grand la porte à la gent féminine. Le parcours de Reena Seetohul, responsable communication et marketing chez Astek Mauritius, prouve qu’il est possible de faire carrière dans le secteur en étant une femme et de la construire à Maurice.

Des jeunes Mauriciens qui peuvent œuvrer pour leur pays

«Ne partez pas, nous avons besoin de vous ! Il y a une constatation générale selon laquelle nous voyons les jeunes partir pour l’étranger. Ne pensent-ils pas avoir leur place dans le domaine qu’ils recherchent ici ? Le fait est que nous croyons dans le potentiel de cette jeunesse mauricienne. Voilà pourquoi je leur dirais tout simplement de ne pas partir !», conseille ainsi Reena Seetohul aux jeunes mauriciens.

Comment cette dernière est-elle parvenue à faire progresser sa carrière au cœur de l’Océan Indien?

Reena Seetohul, un bagage technique, mais pas seulement

Née et élevée à Strasbourg au sein d’une fratrie de 5 enfants, Reena vit à Maurice depuis 8 ans, loin de ses parents (d’origine mauricienne) et de sa famille, restés en France. Si ces derniers la voyaient suivre une voie médicale ou judiciaire, la vie en a décidé tout autrement… Elle a suivi un cursus qui englobe information, communication, marketing… et développement web.

Reena savait dès le départ sur quelles bases fonder sa carrière professionnelle : un bagage technique et un autre en communication. Ainsi, la jeune femme se lance dans l’informatique de gestion avec option développement d’applications. Les filles sont rares en classe, mais Reena s’accroche.

Rappelons que ce cursus inclut des mathématiques, de l’économie, du droit, de la conception et de la modélisation de systèmes d’information de gestion ou encore de la langue anglaise appliquée à l’informatique et à la gestion.

Un parcours professionnel qui commence très tôt

Encore étudiante, Reena Seetohul intègre XPCOM, une entreprise française, en tant que développeuse d’un site destiné à la gestion de stock dans le textile. Une première expérience professionnelle en entraînant une autre, elle est recrutée par Canon France, pour le développement d’un CRM destiné à centraliser les données commerciales pour implémentation sur Oracle.

Ainsi, pendant 5 ans, Reena a œuvré au développement d’autres systèmes de gestion (optimisation du recouvrement, gestion des déménagements, démarche qualité en conformité avec les normes ISO 9001 et ISO 14001, entre autres), à la formation de l’équipe commerciale à l’utilisation du CRM.

Ce dernier point est intéressant, étant donné que Reena s’est vu offrir une opportunité professionnelle au sein d’une société de formation. Basée à l’île Maurice, elle dispensait des formations en présentiels dans toute l’Afrique et les DOM-TOM, sur un DMS (Ndlr, Dealer Management System) développé pour la CFAO.

En juin 2015, Reena s’accorde une pause bien méritée. Après s’être recentrée sur sa vie familiale pendant 6 mois, l’appel de la vie professionnelle a fait son œuvre à travers Astek Mauritius. Né en 2003, il s’agit de la filiale du groupe Astek, entreprise de services du numérique depuis 1988. L’équipe se compose d’une centaine d’ingénieurs bilingues, diplômés de prestigieuses universités à travers le monde et spécialisés dans les dernières technologies. Les projets ne manquent pas et la clientèle est diversifiée : grands comptes, PME, start-up, organismes publics, etc.

Une soif insatiable de compétences

Rome ne s’est pas faite en un jour, ce n’est pas Reena qui dira le contraire. Pour participer plus efficacement à la stratégie d’expansion de son entreprise, cette professionnelle aguerrie finalise un Master en marketing Digital avec Paris Dauphine, via AIM – Analysis Institute of Management à Maurice. D’ailleurs, l’entreprise organisera fin septembre deux évènements destinés à accroître sa visibilité, mais surtout à convaincre les jeunes professionnels à rejoindre l’aventure.

Dans une démarche de «conscientisation des métiers de demain dans les TIC à Maurice, Reena souligne qu’«il faut effectivement continuer sur cette orientation (…). Maurice occupe une place très stratégique géographiquement. Il ne faut pas oublier qu’on a beaucoup de partenariats avec les pays d’Afrique, qui ne demandent qu’à être exploités encore plus».

Source – Frenchweb

Doing Business 2019 : l’Île Maurice gagne 5 places et se hisse dans le top 20 mondial

La Banque mondiale plébiscite Maurice pour ses efforts continus afin d’améliorer l’environnement des affaires. Dans le rapport Doing Business 2019, rendu public le mercredi 31 octobre, le pays gagne cinq places, s’affirmant comme une destination attrayante pour les investisseurs étrangers. Le Premier Ministre Pravin Jugnauth a souligné les efforts entrepris par son gouvernement pour gagner 19 places en seulement deux ans (49ème en 2017 et 20ème pour le classement 2019).

Ce gain de place est porté par une amélioration de 8 sous-indicateurs sur les 10 qui composent le classement. Par exemple, Maurice est à la 6ème place mondiale en ce qui concerne l’efficience du système de taxes et 15ème pour la protection des intérêts des investisseurs.

« Maurice, qui rejoint le groupe des 20 premières économies cette année-ci (le seul pays d’Afrique), a méthodiquement réformé son environnement des affaires dans le temps », est-il dit dans le rapport publié en ligne. « Au cours de la décennie écoulée, Maurice a restructuré plus d’une fois dans tous les domaines évalués par Doing Business ». La baisse des délais d’enregistrement des biens immobiliers et d’incorporation d’une entreprise sont les deux exemples pris par les rédacteurs du rapport pour présenter les efforts entrepris par Maurice.

L’Île Maurice réaffirme son importance sur le continent africain et dans la région Afrique de l’Est

Le classement Doing Business est établi sur 190 pays. Les cinq premières places sont occupées par la Nouvelle-Zélande, Singapour, le Danemark, Hong Kong et la Corée du Sud. Sur le continent Africain, Maurice conserve sa première place devant le Rwanda. L’Afrique du Sud, l’économie la plus industrialisée du continent, n’est qu’à la 82e place. Dans la région de l’Afrique de l’Est, les Seychelles pointent à 96e place alors que Madagascar est à la 161e position. L’Île Maurice réaffirme donc son poids sur le continent et sur sa sous-région, l’Afrique de l’Est.

L’Economic Development Board (EDB), l’agence de promotion des investissements à l’Île Maurice se réjouit de ce nouveau classement. Pour François Guibert, son CEO, le classement confirme que Maurice « demeure une juridiction compétitive et attrayante tout en consolidant la confiance des investisseurs ». Cependant, progresser davantage dans le classement sera plus difficile. Maurice vient d’entrer dans une partie du tableau extrêmement concurrentielle et exigeante. « Ce que nous faisons maintenant en termes de réformes réglementaires, de processus d’affaires et de transformation numérique exige également une plus grande détermination et un changement de paradigme pour continuer à progresser », affirme François Guibert dans la newsletter de l’EDB.

Source : Defimedia.info

L’enseigne « Le Méridien » renoue avec ses origines « glamour »

Le 16 novembre dernier, l’équipe mauricienne de l’enseigne Le méridien organisait un cocktail de réseautage avec ses meilleurs partenaires / TO et représentants de la presse locale. L’occasion de dévoiler le concept «Au Soleil», un programme de la marque Le Méridien qui a pour vocation de renouer avec les racines historiques de ce pionnier du tourisme moderne.

Le soleil ne se couche jamais dans les Méridiens. C’est sûrement ce qui a inspiré le concept dévoilé par Marie Laure Blaise, responsable de la communication et Mathieu de Tonnac, directeur général du Méridien île Maurice. « Pour célébrer nos racines européennes, nous présentons Au Soleil. Ce programme nous permet d’apporter le style méditerranéen intemporel et ultra-chic tout en nous inspirant du patrimoine français duMéridien. Un programme mondial qui donne vie au glamour ludique des étés européens avec des jeux de bord de mer emblématiques, des apéritifs rosés et une bande-son au soleil de la Nouvelle Vague », souligne  Marie Laure Blaise.
« Avec un soupçon de fantaisie et un clin d’œil nostalgique au glamour de la Côte d’Azur dans les années 1960, ce programme a pour but d’inciter les voyageurs à explorer le monde avec style, comme nous avons été inspirés lorsque nous visitons des destinations comme Maurice« , mentionne Mathieu de Tonnac.


À propos du Méridien Hotels & Resorts
Le Méridien Hotels & Resorts, né à Paris, marque l’âge d’or du voyage glamour avec plus de 100 hôtels dans le monde, de Maurice à Monaco et de Santa Monica à Séoul. Avec sa promesse de marque Destination UnlockedLe Méridien incite les voyageurs créatifs à explorer le monde avec style grâce à des programmes et des partenariats effervescents. 
Depuis 2016, l’enseigne a été reprise par l’Américain Marriott International, numéro un mondial des chaînes hôtelières, qui comprend un portefeuille de plus de 6 700 établissements appartenant à 30 grandes marques hôtelières réparties dans 130 pays et territoires. Marriott exploite et franchise des hôtels et concède des licences à des centres de villégiature dans le monde entier.

Source – l’Eco Austral

Île Maurice. De l’électricité à base de canne à sucre

Sur l’Île Maurice, la bagasse, résidu issu du broyage de canne à sucre, sert de combustible dans les centrales électriques à charbon, diminuant la dépendance aux énergies fossiles.

solée dans l’océan Indien et ne pouvant compter que sur elle-même pour son électricité, l’île Maurice s’emploie à diminuer progressivement sa dépendance aux énergies fossiles en développant les énergies renouvelables, notamment la production d’électricité grâce à sa principale culture, la canne à sucre.

Depuis une quinzaine d’années, la bagasse, le résidu fibreux issu du broyage de la canne à sucre, est largement mise à contribution pour produire de l’électricité, au point désormais de pourvoir à 14 % des besoins de l’île. L’île Maurice dispose d’un système tout particulier pour sa production d’énergie : 60 % des besoins en électricité de l’île sont produits par quatre sociétés sucrières qui font tourner chacune une centrale thermique. Ces quatre centrales tournent normalement au charbon mais quand la saison de la canne arrive, la bagasse remplace le charbon comme combustible.À la fin du mois de novembre, la récolte bat son plein dans les champs environnant la société Omnicane, située dans le sud de l’île Maurice. Une noria de poids lourds tirant d’immenses remorques viennent s’aligner près d’un entrepôt non moins impressionnant pour y décharger leur cargaison de canne à sucre fraîchement coupée.

Durant la période de récolte, ce sont chaque jour 8 500 tonnes qui sont ainsi acheminées dans cette installation (soit environ 900 000 tonnes de canne dans l’année). Les tiges de canne sont alors broyées afin d’en extraire le jus qui servira à produire le sucre. La bagasse est de son côté lavée de manière à en extraire le maximum de liquide sucré, puis elle est chauffée pour en réduire le taux d’humidité. Elle part alors alimenter une centrale thermique où elle brûlera à plus de 500 °C, une combustion qui permettra à des turbines de produire de l’électricité, dont une très grande partie sera acheminée sur le réseau national (le reliquat servant à alimenter l’entreprise).

« L’électricité est disponible 24 h/24, à la demande, sans avoir à attendre le vent ou le soleil, puisqu’on peut stocker la bagasse comme on le ferait pour l’huile lourde et le charbon », se félicite Jacques D’Unienville, directeur général d’Omnicane. Quant au CO2 produit lors de la combustion de la bagasse, il est récupéré selon Jacques D’Unienville « pour la production de gaz carbonique destiné aux entreprises de boissons gazeuses ».

Au total, près d’un quart (22 %) de l’énergie produite à Maurice est renouvelable, en prenant également en compte le solaire, l’éolien et l’hydroélectrique. Et « l’objectif du gouvernement est d’augmenter la part de l’énergie renouvelable dans le mix énergétique à 35 % en 2025 », explique le Premier ministre adjoint et ministre de l’Énergie, Ivan Collendavelloo. « Les 35 % ne sont pas très loin. Nous aurons 11 parcs solaires d’ici l’an prochain (2019) et au moins deux parcs éoliens (…) Les producteurs indépendants de l’industrie sucrière continueront à fournir la plus grosse part d’électricité renouvelable à partir de la bagasse », ajoute Ivan Collendavelloo.

Un système menacé

Mais ce système de production pourrait rapidement trouver ses limites tant la filière sucrière mauricienne est confrontée à une concurrence internationale accrue, notamment depuis la fin en 2017 des quotas européens sur le sucre. « L’abolition des quotas des betteraviers depuis le 1er octobre 2017 ainsi que la surproduction en Thaïlande, au Brésil et en Inde ont entraîné une baisse drastique du prix du sucre sur le marché international et portent un coup fatal à l’industrie sucrière locale », s’alarme Jacqueline Sauzier, secrétaire générale de la Chambre d’agriculture de Maurice.

La chute des prix mondiaux du sucre a entraîné un désengagement de nombreux petits producteurs à Maurice, dont la canne venait alimenter les gros acteurs sucriers. « Le nombre de petits planteurs est passé de 26 000 en 2010 à 13 000 en 2018. Une diminution drastique de 50 % en 8 ans », reconnaît le ministre mauricien de l’Agro-industrie, Mahen Kumar Seeruttun.

La question désormais est donc de savoir si Maurice produira suffisamment de canne à sucre pour augmenter sensiblement la part de l’électricité issue de la bagasse dans sa production nationale. Les acteurs du secteur demandent des accès protégés à certains marchés pour pouvoir s’en sortir. « Maurice est une petite île vulnérable. Nous n’avons pas la capacité qu’ont la Thaïlande, le Brésil et l’Inde mais nous sommes un producteur efficient puisque nous valorisons toute la chaîne de production sucrière. Nous avons besoin d’avoir des accès protégés dans les marchés préférentiels. Les petits pays devraient avoir des quotas en priorité étant donné que nous sommes très vulnérables », plaide ainsi Jacques D’Unienville.

Source – Le Telegramme

Un accord d’entente signé entre Maurice et la Russie : quelles sont les opportunités d’affaires entre les 2 pays ?

Une délégation de 25 membres en provenance de la Russie est à Maurice pour une visite officielle du 19 au 21 novembre 2018. Dans ce contexte, l’Economic Development Board (EDB) et les chambres de commerce et d’industrie de Moscou et Lipetsk ont procédé lundi à la signature d’un Memorandum d’entente ayant pour but de promouvoir Maurice comme une plateforme d’investissements pour la Russie.

Les exportations mauriciennes vers la Russie en 2017 se situaient à $ 2,1 millions (principalement du thon, des sucres spéciaux et du textile). Inversement, selon Charles Cartier, président de l’EDB, « en termes d’investissements directs à l’étranger (IDE), Maurice en a enregistré $ 3,91 millions en provenance de la Russie en 2017 ».

Charles Cartier affirme que la signature d’accord entre l’EDB et les chambres de commerces russes consolidera davantage les liens commerciaux que partagent les deux pays. Par ailleurs, l’accord permettra aussi aux investisseurs russes d’utiliser Maurice comme un tremplin pour investir dans les pays africains. Plus particulièrement, en passant par Maurice, les entrepreneurs russes peuvent bénéficier des accords privilégiés de la SADC et du COMESA.

Pour sa part, Konstantin Klimovskiy, ambassadeur de la Russie à Maurice, a fait ressortir que la visite du ministre des Affaires étrangères mauricien Vishnu Lutchmeenaraidoo à Moscou en 2017 a donné un nouveau dynamisme aux relations qu’entretiennent les deux pays. « La FinTech, le Blockchain, l’intelligence artificielle et la crypto-monnaie, entre autres sont des secteurs à exploiter », soutient-il.

Source : Defimedia.info

Le secteur des services financiers ne veut pas manquer la révolution numérique

Les services financiers sont en train de changer de visage. Avec la numérisation des opérations, la technologie prend rapidement le pouvoir dans un secteur qui est appelé à jouer un rôle prépondérant dans l’économie mauricienne.

Pour les consommateurs comme pour les opérateurs, un changement de paradigme s’accompagne toujours d’une modification profonde des habitudes. C’est le cas dans le secteur des services financiers. En première ligne, les transactions bancaires de base pour lesquelles les Mauriciens ne sont aujourd’hui plus obligés de se déplacer ou de faire la queue dans une succursale. Les institutions et professionnels de la finance rivalisent d’initiatives pour rester au contact d’une clientèle de plus en plus exigeante.  « Dans un tel contexte, si l’on ne s’adapte pas, on disparaît », assure K.C. Li Kwong Wing, Chairman de SBM Holdings, l’une des deux plus importantes institutions financières de Maurice. L’impact de la technologie dans nos vies de tous les jours est en train de révolutionner le monde, l’univers financier n’y échappe pas. « À Maurice, nous avons le potentiel pour franchir le pas et à la SBM, nous comprenons l’importance de la technologie et de l’innovation. Nous tenons absolument à être en avance et nous nous donnons tous les moyens pour y arriver. Mais pour faire face aux défis, nous ne devons pas nous attarder », insiste le Chairman de SBM Holdings.
Car si le secteur sucrier, pilier de l’économie mauricienne pendant près de deux siècles, a connu douloureusement la fin des régimes préférentiels, celui des services financiers, nouveau pôle de croissance, pourtant beaucoup plus jeune, connaît déjà la fin d’une forme de « protectionnisme ».

« La Financial Services Commission ne délivrera plus de permis de catégorie 2 aux entreprises du Global Business à partir de janvier 2019  », a martelé Pravind Jugnauth, le jour de la présentation du Budget 2018-2019.  Davidsen Arnachellum

Transformation profonde

Il y a un an déjà, en juin 2017, un coup de tonnerre s’était abattu sur le secteur. Pour éviter l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (ou BEPS) par les entreprises multinationales, dans des territoires où ceux-ci sont peu ou pas imposés, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) imposait des restrictions aux services financiers. Cette mesure venait s’ajouter aux règles générales anti-évitement (ou General Anti-Avoidance Rules, GAAR), imposées par l’Inde un peu plus tôt en 2017.
Depuis, les coups de semonce ne cessent de résonner dans le paysage financier mauricien. En juillet dernier, le Securities and Exchange Board of India (SEBI) recevait des plaintes certifiant que Maurice serait un centre financier à haut risque. La Financial Services Commission (FSC) et le ministère des Services financiers se sont empressés de faire taire ces rumeurs. Mais un rapport du Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG) est venu attiser le feu. L’organisme africain mettait en doute la crédibilité de Maurice en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ce que le ministère des Services financiers a aussi rapidement démenti.
Les attaques pleuvent par intermittence sur les services financiers. À tort ou à raison, des réprobations fusent de toutes parts, de l’Inde, en passant par l’Europe, les États-Unis ou la zone subsaharienne. Le gouvernement mauricien a donc décidé de prendre le taureau par les cornes : malgré son jeune âge, le secteur des services financiers a déjà besoin d’une réforme et de changer son fusil d’épaule.
Dans le Budget 2018-2019, Pravind Jugnauth, le Premier ministre et ministre des Finances, a clairement défini la stratégie. « À la lumière des défis auxquels le secteur du Global Business doit faire face, la FSC ne délivrera plus de permis de catégorie 2 aux entreprises du Global Business à partir de janvier 2019 et les entreprises devront apporter plus de substance à leurs opérations », a martelé Pravind Jugnauth, le jour de la présentation du Budget 2018-2019.

« La pression de l’OCDE est forte. Maurice veut prouver qu’elle est un centre financier clean », fait valoir Kabir Ruhee, Chief Executive Officer de Rogers Capital.  Davidsen Arnachellum

Sécurité informatique

Les opérateurs, eux, jouent le jeu et font cause commune avec les autorités. « La pression de l’OCDE est forte. Maurice veut prouver qu’elle est un centre financier clean », estime Kabir Ruhee, Chief Executive Officer de Rogers Capital. Le Premier ministre souhaite encourager l’émergence d’un pôle d’activités axé autour de l’intelligence artificielle, de la Blockchain et de la Fintech. De plus, pour assurer la sécurité informatique, le gouvernement veut créer un National Regulatory Sandbox Licence Committee pour se pencher sur toutes les questions ayant trait aux activités Fintech.
Selon Faraz Rojid, Head Financial Services à l’Economic Development Board (EDB),  le plan stratégique du gouvernement qui consiste à encourager le passage à une économie numérique et à faciliter les transactions « cashless », devrait permettre la mise en place d’un système de paiement national d’ici décembre 2018 afin de simplifier l’actuel système de paiement par carte. « Les autorités encourageront l’utilisation de la technologie Blockchain et de la Fintech pour le commerce des actifs numériques. Un cadre réglementaire devrait être mis en place d’ici juin 2019 », assure Faraz Rojid.

Saut technologique

Des entreprises comme Rogers Capital ont déjà anticipé en effectuant le saut technologique tant attendu. « Il y a un changement progressif qui s’effectue et, selon le degré d’optimisme ou de pessimisme, on peut voir que le verre est déjà à moitié plein ou encore à moitié vide », résume Kabir Ruhee.
Aujourd’hui, la Fintech induit une transformation beaucoup plus profonde qu’une remise à niveau, un nouveau positionnement des services financiers. C’est bien de l’évolution du tissu économique qu’il s’agit. Pour Alain Law Min, CEO de la Mauritius Commercial Bank (MCB), la plus ancienne institution bancaire de Maurice a résolument accompli le saut technologique. Si les services bancaires en ligne de la MCB atteignent plus de 120 000 utilisateurs, le service mobile a pratiquement atteint ce niveau en seulement trois ou quatre ans …
« En plus d’une veille technologique en continu, et fidèle à sa réputation d’avant-gardiste, la MCB a, dans le passé, collaboré avec la firme Matchi. Cette dernière est une des principales plates-formes interna-tionales reliant les institutions financières aux entreprises et offrant des solutions dans le domaine de la Fintech », précise le CEO de la MCB.

« Les autorités encourageront l’utilisation de la technologie blockchain et de la Fintech. Un cadre réglementaire devrait être mis en place d’ici juin 2019 », assure Faraz Rojid, Head Financial Services à l’Economic Development Board (EDB).  DR

L’ambition d’être un centre régional Fintech

Toutes les banques mauriciennes se mettent à la page, chacune en fonction de son positionnement sur le marché. Ce qui était inimaginable il y a encore dix ans est aujourd’hui une réalité. « À Maurice, l’infrastructure Fintech est en place au niveau des télécommunications et de la connectivité. La population est connectée, probablement plus en proportion que dans des pays comme le Kenya ou l’Ouganda, eux-mêmes dans le wagon de tête des pays connectés du continent », reconnaît Saleem Ul Haq, le nouveau Chief Operating Officer de Bank One, qui a longtemps été en poste en Afrique.
Maurice est idéalement située pour devenir un centre régional Fintech, ouvert sur le continent. La crédibilité du centre financier mauricien en Fintech augmente en raison de la présence d’une clientèle de plus en plus ouverte aux nouvelles technologies, d’entreprises motivées, d’un cadre légal structuré, d’une bonne infrastructure financière et d’un positionnement comme hub pour l’Afrique. Avec une population bien éduquée et qualifiée, comparé à celle d’un continent où la majorité des personnes n’a pas accès aux services financiers traditionnels mais où il y a aussi de formidables opportunités, Maurice a un sérieux rôle à jouer, fait valoir Saleem Ul Haq.
« Nous avons un engagement plus fort en Afrique », reconnaît, de son côté, Kabir Ruhee. Lorsque Rogers Capital a revu son pôle, il a pris soin d’équilibrer le portefeuille en Afrique.
Mais si le continent continue d’attirer, le marché local n’est pas négligé et des entreprises désormais bien  ancrées dans la Fintech, comme Rogers Capital, se veulent une alternative crédible pour l’accès des Mauriciens au crédit à la consommation, tout comme d’autres entreprises elles aussi bien implantées, telles que CIM Finance, Mauritian Eagle ou encore Finlease. « Nous voulons réinventer l’expérience clientèle. Avec la nouvelle génération, cela va plus vite », assure Kabir Ruhee. Un opérateur comme Bank One a centré lui aussi sa stratégie d’expansion sur l’expérience du client et propose des produits et des offres de plus en plus larges. Si les Mauriciens veulent toujours aller à la banque, ils sont aussi prêts à se simplifier la vie. « Dans quelques années, une succursale bancaire sera radicalement différente de ce qu’elle est aujourd’hui », promet Saleem Ul Haq. La MCB, elle, a bien réussi l’implantation de son application mobile, JuiceByMCB. Mais elle veut aller plus loin puisqu’elle a récemment lancé le premier MCB InovApp Challenge pour identifier les start-up proposant des solutions pour la transformation digitale du secteur bancaire.

Pour Alain Law Min, CEO de la Mauritius Commercial Bank (MCB), la plus ancienne institution bancaire de Maurice a résolument accompli le saut technologique.  DR

Une course folle s’annonce

Avec la Fintech, il est probable que nous assisterons à l’augmentation de partenariats entre les entreprises financières et technologiques, avec des possibilités d’innovation. Ce nouveau secteur d’activité produira également de nouveaux modèles d’affaires aptes à capitaliser les opportunités. Au lieu d’attendre que les clients entrent, les entreprises peuvent maintenant pénétrer dans leur espace. « Nous gagnerions à pratiquer une plus grande ouverture à l’international et à solliciter plus d’opérations dans la Blockchain », insiste, pour sa part, Kabir Ruhee. Car la Blockchain pourrait bien provoquer une révolution… dans la révolution. Cette technologie de stockage et de transmission des données aide aux démarches bancaires, les facilite, permet d’éliminer des pro-cédures contraignantes, comme la présentation d’une preuve d’adresse, par exemple.
Malheureusement, à ce niveau, il y a eu très peu de progrès accompli. « On est déjà en retard sur Singapour, Malte et Dubaï. On prend tellement de précautions et on émet tellement de réserves que l’on finit par repousser des gens importants aux idées innovantes », regrette K.C. Li Kwong Wing. Ainsi, Joseph Lubin, le patron d’Ethereum – un protocole d’échanges décentralisés permettant la création de contrats intelligents déployés et consultables publiquement dans la Block chain – avait proposé un plan de développement à Maurice pour devenir un Ethereum hub, mais cela n’a jamais été accepté par les autorités. Aujourd’hui, certains pays comme Singapour, Malte, le Vietnam, le Japon et l’Australie permettent des crypto-échanges. D’autres comme l’Inde, la Chine et l’Union européenne freinent… Maurice se plie aux exigences des Big Brothers… Et cette attitude pourrait lui faire rater le train qui se met en marche.

« La population est connectée probablement plus que le Kenya ou l’Ouganda, eux-mêmes dans le wagon de tête des pays connectés du continent », explique Saleem Ul Haq, le nouveau Chief Operating Officer de Bank One.  Davidsen Arnachellum

Stade embryonnaire

« Il est bon de préciser que l’avènement de la Fintech au sein du secteur bancaire mauricien se trouve encore à un stade embryonnaire », constate Alain Law Min. Tous les experts s’accordent à dire qu’il faut un cadre légal mieux approprié au plus vite, afin d’avancer. La Sandbox serait même déjà dépassée… Et si le cadre légal démontre déjà certaines lacunes, la vision, elle aussi, est dramatiquement limitée. « Pour réaliser les objectifs fixés, il serait primordial qu’un écosystème adéquat puisse être mis en place par les parties concernées afin de jeter les bases d’une collaboration durable entre les banques et les entreprises évoluant dans le domaine de la Fintech », estime le CEO de la MCB.
Selon  l’EDB, un certain nombre de sociétés informatiques internationales ainsi que des sociétés Fintech ont déjà mis en place leurs activités à Maurice. « Des percées technologiques significatives ont été réalisées récemment par un nombre grandissant de start-up dans le domaine de la Fintech, avec des projets sous la Regulatory Sandbox Licence (RSL) octroyée par l’EDB : des prêts entre particuliers, des garanties d’achèvement de film et un système d’identification basé sur la blockchain et des registres distribués », insiste Farz Rojid.
Mais les opérateurs n’en démordent pas : il faudrait faire plus. Plus d’incubateurs, plus de start-up, d’académies, d’investisseurs… Selon K.C. Li Kwong Wing, il faut aussi plus de collaboration entre les différents acteurs, qu’ils soient industriels ou académiques, un peu sur le modèle de ce qui se fait dans la Silicon Valley… « D’un point de vue plus spécifique, le développement de la Fintech dépendra de plusieurs facteurs, tels que le cadre légal et institutionnel ou encore la disponibilité et la qualité du capital humain », ajoute Alain Law Min.
Une course folle s’annonce pour rattraper le retard. Le centre financier mauricien peut définitivement jouer un rôle important dans la région. À condition de le vouloir et de s’armer en conséquence… Car c’est une révolution économique et sociale qui attend Maurice au tournant.

Toutes les banques mauriciennes se mettent à la page, chacune en fonction de son positionnement sur le marché. Ce qui était inimaginable il y a encore dix ans est aujourd’hui une réalité.  DRC’EST QUOI LA FINTECH ?Abréviation pour « Financial Technology », la Fintech est l’utilisation innovante de la technologie dans la conception et l’utilisation de produits et services financiers. Son application se fait à travers différentes transactions dans le domaine des affaires et de la finance : emprunts,  investissements, paiements. Elle se base notamment sur la technologie mobile et le Big Data, et permet aux entreprises financières de proposer à la clientèle des produits taillés sur mesure.
La Fintech entraîne une réduction des coûts, une plus grande concurrence et un meilleur accès aux services financiers à ceux qui n’en bénéficiaient pas. Le secteur de la Fintech regroupe aussi bien des start-up que des entreprises traditionnelles du secteur financier.BLOCKCHAIN : LA PEUR DU RISQUE« La nature de la Blockchain, c’est de se libérer de tout contrôle autocratique. » C’est K.C. Li Kwong Wing qui le dit. Ce sont des transactions décentralisées dans le monde à travers des blocs de transactions. N’importe qui peut y avoir accès, donc impossible de fausser. La transparence est assurée, la décentralisation effective. La Blockchain (chaîne de blocs) touche toutes les industries. Par exemple, à Maurice, si on l’adoptait pour les transactions de terrain, on saurait exactement qui a vendu quoi et à qui. Sans avoir besoin d’un notaire ou du Registrar. Cela sonnerait aussi le glas des intermédiaires, de plusieurs corps de métier et de la structure d’autorité. De plus, c’est aussi l’entrée en service de la robotique et de l’intelligence artificielle au détriment de la main d’œuvre traditionnelle. La résistance est donc farouche. « Il y a des risques, mais cela dépend du risk management. Or, on aurait plutôt tendance à avoir une aversion aux risques », regrette le CEO de SBM Holdings.CYBERCRIMINALITÉSi l’avenir du secteur financier réside dans la Fintech, l’exposition à une plate-forme numérique peut augmenter le spectre des menaces. L’entrée de la finance dans le cyberespace l’exposant à la cybercriminalité en est une illustration récente. Compte tenu de leur business models exclusivement développé sur l’Internet, les entreprises Fintech sont particulièrement exposées.
Les individus et les entreprises peuvent se retrouver confrontés à des atteintes à la vie privée ou à la confidentialité. La cybersécurité est donc un élément majeur dans l’évolution de la Fintech. Le défi consiste à assurer l’équilibre entre un environnement sûr et la commodité du client pour éviter les infractions informatiques. Maurice met en place un système de sécurité informatique à travers la Regulatory Sandbox License.Source – EcoAustral

L’Île Maurice, l’Etat le plus compétitif d’Afrique selon le World Economic Forum

Le World Economic Forum (WEF) a publié ce mercredi, son édition 2018 des économies les plus compétitives à travers le monde. Alors que le classement mondial est dominé par les Etats-Unis, le principal constat concernant l’Afrique est que les pays du continent restent largement surreprésentés dans le bas du tableau.

Pour rappel, l’Indice mondial de compétitivité couvrant 140 pays mesure la compétitivité nationale des économies, définie comme l’ensemble des institutions, des politiques et des facteurs qui déterminent le niveau de productivité. Il se base sur 12 indicateurs à savoir les institutions, les infrastructures, l’adoption des technologies de l’information et de la communication, la stabilité macroéconomique, la santé, la compétence, le marché de la production, le marché du travail, les systèmes financiers, la taille du marché, le dynamisme commercial et la capacité d’innover.

L’Afrique de l’Est portée par l’Île Maurice

Selon les auteurs du rapport, ces faibles scores des économies africaines sont dus à une faiblesse des institutions mises en place par les Etats, ainsi que l’inadéquation de leurs politiques publiques. Ceci explique pourquoi l’Afrique subsaharienne a la performance régionale la plus faible sur 10 des 12 piliers constitutifs de l’indice de compétitivité du WEF, qui se regroupent eux-mêmes en quatre secteurs (environnement économique, capital humain, marché et écosystème de l’innovation).

La lourdeur administrative, l’inadéquation des politiques publiques et la difficulté des pays du continent à combler leur retard dans le secteur des nouvelles technologies expliquent entre autres les résultats décevants des économies africaines, malgré des croissances économiques robustes.

Le retard des pays africain à cause de la faiblesse des institutions et des politiques publiques

Selon les auteurs du rapport, ces faibles scores des économies africaines sont dus à une faiblesse des institutions mises en place par les Etats, ainsi que l’inadéquation de leurs politiques publiques. Ceci explique pourquoi l’Afrique subsaharienne a la performance régionale la plus faible sur 10 des 12 piliers constitutifs de l’indice de compétitivité du WEF, qui se regroupent eux-mêmes en quatre secteurs (environnement économique, capital humain, marché et écosystème de l’innovation).

La lourdeur administrative, l’inadéquation des politiques publiques et la difficulté des pays du continent à combler leur retard dans le secteur des nouvelles technologies expliquent entre autres les résultats décevants des économies africaines, malgré des croissances économiques robustes.

Notons que seize pays africains n’ont pas été pris en compte dans l’étude, expliquant ainsi leur absence du classement. Il s’agit de la Guinée-Bissau, du Niger, du Congo, de l’Erythrée, de la Libye, de la Somalie, du Soudan, du Soudan du Sud, de Madagascar, de la Guinée équatoriale, du Togo, de la Centrafrique, du Gabon, de Sao Tomé-et- Principe, de Djibouti et des Comores

Le Classement africain

Rang (Afrique)PaysScoreRang (mondial)
1Maurice63,749
2Afrique du Sud60,867
3Seychelles58,574
4Maroc58,575
5Tunisie55,687
6Botswana54,590
7Algérie53,892
8Kenya53,793
9Egypte53,694
10Namibie52,7100
11Ghana51,3106
12Rwanda50,9108
13Cap-Vert50,2111
14Sénégal49113
15Côte d’Ivoire47,6114
16Nigeria47,5115
17Tanzanie47,2116
18Ouganda46,8117
19Zambie46,1118
20Gambie45,5119
21Eswatini45,3120
22Cameroun45,1121
23Ethiopie44,5122
24Bénin44,4123
25Burkina Faso43,9124
26Mali43,6125
27Guinée43,2126
28Zimbabwe42,6128
29Malawi42,4129
30Lesotho42,3130
31Mauritanie40,8131
32Libéria40,5132
33Mozambique39,8133
34Sierra Léone38,8134
35RDC38,2135
36Burundi37,5136
37Angola37,1137
38Tchad35,5140

Source : Agence EcoFin, Moutiou Adjibi Nourou

Article tiré de Cabinet Conseil et Assistance