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Main d’œuvre étrangère: les activités économiques compromises sans les Bangladais ?

D’abord, les statistiques qui datent de décembre 2018 le confirment. Les Bangladais sont de plus en plus nombreux à Maurice. Sur les 42 572 ouvriers étrangers recensés, 24 256 proviennent du Bangladesh. Ils sont déployés dans divers secteurs et s’acquittent surtout, des tâches délaissées par les Mauriciens.

D’ailleurs, les chiffres de la Banque centrale sont révélateurs. Rs 9,3 milliards ont été transférées par ces ouvriers dans leurs pays respectifs pour la période 2017-18. Où travaillent-ils ? Pourquoi sont-ils importants ?

Au Bangladesh, toute une machinerie a été mise en place. «Les Bangladais vont travailler dans plusieurs pays. Et à Maurice, on aura besoin d’eux de plus en plus. Ce qu’ils font aurait pu être fait par des Mauriciens, mais ces derniers refusent», soutient Pradeep Dursun, le Chief Operating Officer de Business Mauritius. Il avance qu’il est impératif de reconnaître leur contribution au développement de l’économie.

Il est rejoint dans ses propos par l’économiste Eric Ng. «Encore faut-il que les Mauriciens soient productifs. C’est vrai qu’importer de la main-d’oeuvre bangladaise coûte cher mais ils sont plus productifs et disponibles. Ils travaillent, par exemple, dans des supermarchés alors que les locaux refusent», fait-il ressortir.

«Opérateurs compétents»

La majorité des Bangladais est employée dans le textile. Peut-on s’en passer ? «Non», souligne Guillaume Dalais, le Chief Executive Officer (CEO) de Floréal International Group & Tropic Knits Group. Selon lui, l’industrie du textile ne pourra survivre sans l’apport des travailleurs étrangers, qui «sont des opérateurs compétents dans le domaine». Et de déclarer que les ouvriers étrangers et les Mauriciens sont complémentaires dans une entreprise textile «car la force et la viabilité de celle-ci reposent sur l’ensemble de ses talents».

Guillaume Dalais confie que le choix d’embaucher des Bangladais dans ce secteur est surtout lié au fait qu’ils possèdent le profil recherché. «Bien sûr nous voudrions privilégier les Mauriciens. On recherche ceux qui ont la compétence requise. Et si l’on n’arrive pas à en recruter, l’on opte pour les travailleurs étrangers.» Il souligne que le recrutement des employés locaux est souvent compromis quand «les facteurs de la compétence et de la compétitivité entrent en jeu».

Toutefois, il reconnaît que si l’on veut que le textile reste compétitif, l’apport des travailleurs étrangers a toute son importance. «Les Bangladais et les Malgaches correspondent plus au profil que les compagnies recherchent, même si chaque entreprise a sa propre stratégie d’embauche selon les compétences requises.»

Autre secteur qui emploie un nombre grandissant de Bangladais : la boulangerie. Ils sont plus de 700 à y être employés. «Au total, 99,9 % des boulangeries fonctionnent avec la main-d’oeuvre étrangère. Si zot pa ti la, ou pas gayn dipin gramatin», explique Nasser Moraby, le président de l’Association des propriétaires de boulangeries.

Il fait valoir que les Mauriciens ne veulent plus faire ce métier, alors qu’ils étaient bien payés. «Il fallait leur courir après pour qu’ils viennent bosser dans l’après-midi», avance-t-il. Problème qui n’existerait plus depuis l’arrivée des étrangers. «Il est vrai qu’ils touchent plus mais en retour on est sûr de notre produit».

Métiers de la terre

L’agro-industrie voit également l’emploi de Bangladais. Ces derniers sont habitués à labourer les champs et cultiver les légumes dans leur pays. Cette évolution, Isoop Soobadar, ancien président de la Market Traders Association, en est témoin. «Ces ouvriers savent travailler la terre», note-t-il. Et d’ajouter qu’ils n’hésitent pas à faire des efforts physiques considérables, que refuseraient les Mauriciens. «Ils travaillent dans les usines en semaine et durant le week-end, ils sont dans les champs.»

Selon lui, les Mauriciens ne sont pas intéressés par les métiers de la terre. «Certains travaillent de 6 heures du matin à 11 heures. Ils touchent Rs 500. S’ils revenaient dans l’après-midi, ils toucheraient Rs 300. Dans plusieurs cas, les Mauriciens choisissent de ne pas revenir, alors que le Bangladais sera présent sans faute», souligne Issoop Soobadar.

Le monde de la construction n’est pas non plus étranger aux étrangers. Au total, ils sont 7 000 à y travailler. Ce chiffre compte de nombreux Bangladais. Cependant, Gérard Uckoor, président des petits entrepreneurs, aurait préféré y voir plus de Mauriciens. Et poursuit que ce secteur demande une valorisation.

Ouvrir les vannes aux étrangers, y compris des Bangladais, séduit également l’hôtellerie. Jocelyn Kwok, CEO de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM), affirme que le secteur touristique et l’hôtellerie souffrent terriblement d’un manque de maind’oeuvre. «La multiplication des annonces d’offres d’emploi par les hôtels en ce moment devrait nous interpeller. Nous sommes en mesure d’avancer que face à la croissance de l’industrie, la multiplication des entreprises de restauration et d’hébergement, le phénomène des food courts et des franchises, ou encore l’activité grandissante de catering, les institutions de formation n’ont pas pu suivre le pas.»

Pour lui, le manque de ressources humaines convenablement formées est amplifié par l’attrait des emplois sur les bateaux de croisière. Le CEO de l’AHRIM explique que durant ces cinq dernières années, il y a eu à tout moment entre 300 et 800 postes impossibles à remplir dans les établissements hôteliers. D’après lui, il est temps de faire appel à des étrangers dans ce secteur.

Pour sa part, Eric Ng reconnaît la contribution des travailleurs bangladais à Maurice. Cependant l’économiste est d’avis qu’on sera moins dépendant d’eux si les locaux souhaitent faire les métiers qu’ils ont délaissés et qui ont été repris par les ouvriers étrangers.

Les ouvriers chinois moins présents

Quid des ouvriers chinois dont le nombre a connu une baisse au fil des années ? Selon Pradeep Dursun, ce phénomène s’explique par le fait que l’offre mauricienne n’est plus attrayante. «La Chine a elle-même beaucoup développé. La plupart des Chinois qui viennent travailler chez nous le font à travers de gros contrats. Et certaines clauses de contrat stipulent qu’il faut employer des personnes dudit pays. Puis, il y a aussi le fait que d’autres pays proposent de meilleures offres», affirme le COO de Business Mauritius. 

Abondant dans le même sens, Fayzal Ally Beegun laisse entendre que les Chinois viennent surtout à présent travailler dans le domaine de la construction et de la réparation des téléphones portables, ce qui correspond mieux à leurs champs d’expertise.

«Maurice peut se le permettre»

Des métiers qui nécessitent des efforts physiques, ceux qui ne peuvent se pratiquer dans le confort d’un bureau, ou encore ceux qui s’exercent à des heures indues n’attirent guère les Mauriciens. Surtout «de par les développements survenus et le niveau de vie qui a connu une hausse», souligne le «Chief Operating Officer» (COO) de Business Mauritius, Pradeep Dursun. «Même les chauffeurs d’autobus demandent à pouvoir importer de la maind’oeuvre», fait-il ressortir. Idem pour des cliniques qui comptent des partenaires stratégiques et qui importent une partie de leur personnel médical et paramédical. Toutefois, le COO de Business Mauritius estime que cette attitude est«légitime» car Maurice est un pays en développement. Sans compter les clichés. «Avoir un bon travail rime souvent avec décrocher un job dans un bureau. Les gens ne sont pas prêts à compromettre leur confort», affirme-t-il. En effet, Pradeep Dursun explique que les Mauriciens ont établi une hiérarchie des métiers. «Au fil des ans, ils ne se voient pas faire tel ou tel métier. Tout comme cela a été le cas à l’étranger où des Mauriciens ont exercé des métiers que les locaux ont délaissés. Maintenant, même Maurice peut se le permettre», remarque-t-il.

Infiltration dans d’autres secteurs

Outre la zone franche ou la boulangerie, le syndicaliste Fayzal Ally Beegun fait ressortir que les Bangladais sont employés par des petites entreprises. À l’instar des élevages de volaille, celles qui proposent des tentes pour des mariages ou encore des sociétés de nettoyage. «Les Bangladais travaillent comme peintres ou encore comme bonnes à tout faire. Des bhandari (chefs) sont également intéressés à recruter ces étrangers», indique-t-il. Fayzal Ally Beegun souligne que «les patrons sont à la recherche d’employés disponibles.» Pour lui, l’économie mauricienne repose sur les Bangladais et plusieurs secteurs seront affectés sans leur apport. Pour sa part, Reeaz Chuttoo considère qu’il est grand temps que les Mauriciens comprennent que les Bangladais font partie de notre paysage. Et qu’il faudrait les traiter avec respect. «Selon nos prévisions, d’ici 2030, Maurice comptera au minimum 400 000 travailleurs étrangers», estime le syndicaliste. Mais, dans l’immédiat, si les Bangladais devaient partir de Maurice, deux secteurs – le textile et le seafood hub – seront en difficulté.

Source – L’Express.mu

Maurice : objectifs légumes sains

Réduire l’usage intensif des pesticides dans la production des fruits et légumes ? Un impératif pour la santé de la population et pour l’avenir de l’île.

Maurice a tout d’un petit paradis. À l’exception de ses fruits et légumes. L’île est sous l’influence de la canne à sucre depuis des siècles. La canne, bichonnée et arrosée d’intrants chimiques, essentiellement des herbicides, couvre la majeure partie des terres cultivées. Au fil du temps, la terre s’est dégradée, appauvrie. Alors, le recours aux phytosanitaires va bon train, d’autant que sous un climat tropical, les ravageurs et les maladies prolifèrent.

Des pesticides dans l’assiette

Début 2016, le journal mauricien L’Express publiait une enquête au long cours « Pesticides, ça nous empoisonne ». Pour les consommateurs, l’inquiétude est de mise. Sur un échantillon de 50 produits analysés, jusqu’à 20 % des fruits et légumes consommés affichaient des taux de pesticides dépassant les limites maximales de résidus (LMR). L’enquête pointait aussi du doigt certains produits importés de pays non soumis aux normes européennes.

Une étude menée par la Chambre d’agriculture mauricienne auprès de 300 maraîchers ne laissait pas de place au doute : 60 substances chimiques actives étaient utilisées pour produire 11 sortes de légumes. Certains des pesticides employés étaient même interdits à l’importation !

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Champ de canne à sucre Maurice. © SYLVIE RANTRUA

En 2017 dans les Cahiers agricultures , un article co-écrit par la Chambre d’agriculture mauricienne et le Cirad se penche sur les pratiques des producteurs maraîchers mauriciens. « La grande majorité des producteurs protègent leurs cultures par des traitements phytosanitaires préventifs […] Entre 11 et 53 traitements par an sont ainsi effectués », révélait l’article. Constatant des risques importants pour l’environnement du fait du non-respect des bonnes pratiques, les auteurs préconisent alors un meilleur encadrement de l’usage des pesticides et la recherche de solutions alternatives.

Des initiatives

La prise de conscience dans la société civile a poussé quelques agriculteurs à se mettre au « bio ». De son côté, le gouvernement s’est engagé à promouvoir l’agriculture bio et à subventionner la culture sous serre qui rend le contrôle des maladies plus aisé. La Chambre d’agriculture, qui représente le secteur privé, a lancé l’initiative « Smart agriculture » (agriculture raisonnée). Présentant le programme devant la presse, Jacqueline Sauzier, secrétaire générale de la Chambre d’agriculture, précisait alors : « L’heure est venue de réfléchir à des moyens plus sains et écologiques de cultiver des légumes. » Après un état des lieux et des recommandations, le projet se penche depuis 2017 sur l’accompagnement vers « une transition agroécologique pour créer des systèmes moins dépendants en intrants, plus résilients face au changement climatique et viables économiquement », explique-t-elle.

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Pure farming – La pépinière. « Tout est minutieusement étudiée… Les voilages qui forment la serre doivent retenir suffisamment d’humidité mais pas trop, mais surtout, la pépinière fait l’objet de toutes les attentions. Elle conditionne en grande partie le succès de la production », dit Yoann Michenet, directeur technique. © SYLVIE RANTRUA

Le pays reste dans l’attente d’une loi qui encadre l’usage des pesticides et fixe le taux limite résiduel admis dans les fruits et légumes. Après deux ans de discussion, un texte vient d’être présenté fin mai à l’Assemblée. Si les petits planteurs restent opposés à la Pesticide Use Bill, Jacqueline Sauzier insiste sur « la nécessité de former les agriculteurs aux dangers de ces produits, mais aussi de structurer une profession qui ne dispose ni de cadre ni de réglementation ».

Des opportunités

En choisissant d’implanter à Maurice son premier projet de ferme maraîchère, JTAgro, une start-up française, a vu juste. Son credo, produire des légumes sains et de qualité dans la tradition de l’agriculture raisonnée, lui a ouvert les portes. Tout s’est fait rapidement. Les premiers contacts, pris en septembre 2015, se sont concrétisés par la création d’une société mauricienne Pure Farming en mars 2016, avec des partenaires locaux, et en mai le site de production était lancé.

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L’exploitation de Pure Farming – La ruche installée, les abeilles œuvrent à la pollinisation des tomates sous serre. © SYLVIE RANTRUA

Tomates, tomates cerises, salades, poivrons mais aussi haricots verts, melons ou autres légumes, selon la saison, poussent avec le moins de pesticides possibles et évidemment sans traitements préventifs. « Les rendements sont bons, mais cela demande beaucoup de travail. Il nous a fallu un an pour retrouver des vers de terre dans les sols, signe de bonne santé de la terre », explique Yoann Michenet, directeur technique. L’exploitation, qui a décroché le label « bio farming », s’agrandit. Commencée sur trois hectares, elle est vite passée à 5 hectares en 2017 et devrait atteindre 15 hectares en 2020. À côté de la pépinière et d’une serre de production, 8 autres serres devraient être installées cette année et, pour 2019, Yoann Michenet rêve de 21 serres.

L’avenir

L’exploitation mauricienne a été conçue comme une ferme-pilote. D’autres fermes maraîchères conçues par JTAgro devraient pousser sur le continent. Après l’ouverture des Primeurs de Djéno à Pointe-Noire au Congo, des études de faisabilité sont menées au Bénin et au Nigeria. La prise de conscience des dégâts des pesticides est mondiale. Produire des légumes sains et de qualité, c’est bon pour le consommateur et rentable pour le producteur.

Source – Le Point Afrique

Afrique : où faire des affaires en 2019 ?

Un bon rythme de croissance, des réformes en hausse, il n’en fallait pas plus à l’Afrique pour séduire les investisseurs : le dernier classement Forbes octroie quelques bonnes places à plusieurs pays africains.

Portée par sa croissance et le dynamisme de nombreux de ses États, l’Afrique attire de plus en plus d’investisseurs. Le nombre de réformes, en hausse pour la deuxième année consécutive d’après le rapport Doing Business 2019, y améliore drastiquement l’environnement des affaires. Mais les opportunités restent inégales selon les territoires. C’est le constat qui ressort du classement effectué par le magazine américain Forbes, « Best Countries for Business ». Établie fin décembre pour la treizième année, la liste dominée par la Grande-Bretagne, la Suède et Hong Kong répertorie les pays du monde dont le climat est le plus propice aux affaires, et les plus hospitaliers aux investisseurs.

Pour collecter les données, les auteurs du classement ont collecté et analysé les données de différents rapports. Ainsi, on retrouve dans les critères d’évaluation du magazine l’indice de liberté économique du think tank conservateur Heritage Foundation, et celui du rapport annuel sur la compétitivité du Forum économique mondial, qui évalue les infrastructures et l’état de l’innovation. Les impôts des pays, la protection des investisseurs et les formalités administratives ont été étudiés d’après le rapport Doing Business de la Banque mondiale. En tout, près de 15 critères ont permis l’établissement de ce classement.

Maurice, star africaine des classements

Pour être en bonne place dans la liste, quels impératifs doivent donc remplir les pays étudiés ? « Pour être ouvert aux affaires, vous avez besoin d’un système juridique fort, d’une adoption complète des droits de propriété et de règles et réglementations claires. Une corruption faible est également essentielle au bon fonctionnement de l’économie », a expliqué au magazine américain Mark Zandi, économiste en chef chez Moody’s Analytics. Des facteurs que semble avoir acquis l’île Maurice. Le pays est en effet en tête des pays africains, à la 39e place sur 161 états évalués. Il est aussi le premier du classement Doing Business. Ses points forts ? Une démocratie stable, une situation stratégique entre Afrique et Asie, une fiscalité avantageuse et des infrastructures qualitatives.

Gérés par le Board of Investment (BOI), le premier point de contact des résidents et étrangers désireux d’investir sur l’île, les politiques d’investissements favorisent également la coopération bilatérale avec divers pays africains. Des commissions conjointes avec la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya, l’Éthiopie, Madagascar ou encore la Zambie devraient prochainement être mises en œuvre. Porté par ses secteurs porteurs que sont le tourisme, l’immobilier, l’économie digitale et les services financiers, qui représentent à eux seuls 10 % du PIB du pays, Maurice se tourne aujourd’hui vers d’autres domaines. Hier confidentiels, ces marchés se développent chaque année davantage. Ainsi, la protection de la nature et de l’océan, les énergies renouvelables et la gestion de l’eau forment les secteurs d’avenir de l’état.

A contrario, sur les dix nations les moins bien classées, sept sont africaines, dont la Centrafrique, qui ferme le rang. Tous « ont généralement des difficultés en matière d’innovation, de liberté des échanges et de protection des investisseurs » peut-on lire dans Forbes.

Source – Le Point Afrique

Emploi: ces nouvelles aptitudes que recherchent les employeurs

Flexibilité, ouverture, remise à jour des connaissances de manière ponctuelle… Autant de nouvelles aptitudes que requièrent les entreprises de nos jours. Outre les formations, l’intelligence émotionnelle est une qualité transversale, tout comme cultiver une bonne attitude professionnelle. Le point avec des professionnels du recrutement.

L’apport de la technologie

Alors que l’année 2019 est déjà bien entamée, le marché de l’emploi est en plein essor. Toutefois, fini l’époque où l’on se contentait de se former sur les bancs de l’université avant de chercher un travail. Avoir une licence ou une maîtrise n’est pas non plus une finalité en soi. Roland Dubois, ancien responsable du Youth Employment Programme, ex-directeur du Mauritius Institute of Training and Development et directeur de Roland Dubois Consulting Ltd, en sait quelque chose.

«De nos jours, les entreprises cherchent des employés avec des formations qui cut across plusieurs disciplines», explique-t-il. Un changement directement lié à l’apport de la technologie. C’est le cas pour le secteur financier par exemple. «Plus que la comptabilité traditionnelle, l’on parle aujourd’hui de FinTech», avance notre interlocuteur. Notons à cet effet l’émergence des technologies blockchain ou encore l’apport de l’intelligence artificielle dans la création de logiciels et de traitement de données financières.

Salim Peer, directeur de Castille Mauritius, filiale locale d’une société de recrutement maltaise spécialisée dans le secteur financier et les TIC, ajoute pour sa part que la comptabilité mène à des postes et secteurs encore plus pointus. «De nos jours, on parle beaucoup d’analystes financiers, des filières commerce et de la finance (trade and finance), du marché des dérivatifs, de l’investissement ou encore du marché des matières premières», fait-il ressortir.

Du côté des TIC, pas question non plus de se contenter d’un diplôme exclusivement dédié à l’informatique. «Avoir une certification ou une formation en gestion en sus des connaissances techniques de l’informatique offre de meilleures perspectives de carrière», souligne Salim Peer. La mobilité et la flexibilité sont également de mise, d’autant plus que bon nombre d’entreprises locales travaillent de plus en plus avec des marchés extérieurs.

«Soft Skills»

Par ailleurs, les employeurs recherchent de plus en plus des soft skills, des aptitudes que l’on n’apprend pas forcément sur les bancs de l’école. Parmi les soft skills les plus recherchés, l’on retrouve la capacité à être «visionnaire (aptitude principalement recherchée dans les PME en croissance qui veulent un collaborateur pouvant se projeter sur le moyen et long terme), avoir de l’audace (des employés respectueux mais qui s’expriment, affirment leurs opinions et prennent des initiatives pour soutenir les activités de l’entreprise), enfin on parle de plus en plus d’intelligence émotionnelle», explique la Communication and Recruitment Specialist de MyJob.

L’intelligence émotionnelle est une aptitude de plus en plus «indispensable» selon Aurélie Marie, étant un «gage d’une grande capacité d’écoute, de remise en question et d’empathie», des aptitudes très prisées en entreprise. Il faut ajouter à cela la capacité d’adaptation, du sens de l’organisation, à comprendre et analyser une situation et «trouver des solutions adaptées». Roland Dubois abonde dans le même sens. «Avoir une bonne attitude, démontrer de la flexibilité et le goût de l’effort font partie des bonnes attitudes que cherchent les entreprises», soutient-il. Outre l’aspect compétence et formation, ce sont pour nos interlocuteurs, les fondamentaux de l’employabilité.

Les jeunes connaissent-ils ces nouvelles tendances ? Comprennent-ils la nécessité de développer des soft skills ? Pas vraiment à en croire Aurélie Marie. «Il y a un sérieux manque d’information et certains candidats prennent à la légère les bons réflexes, attitudes et les codes de conduite en entreprise sans réaliser qu’ils se mettent eux-mêmes des bâtons dans les roues», observe la Communication and Recruitment Specialist de MyJob.mu. Attitude que déplore également Roland Dubois.

«Upskilling» et «Reskilling»

Parlant du besoin de formation en continu, Roland Dubois est d’avis que la formation en ligne est une option très intéressante et accessible pour les professionnels comme pour les étudiants. C’est la raison pour laquelle son entreprise s’est associée au géant de la formation en ligne Udemy. Celui-ci compte offrir des formations dédiées aux entreprises privées, au secteur public et aux universités.

Parmi les principales demandes du secteur privé : tout ce qui a trait à la transformation numérique, comme le marketing numérique ou encore les next generation business economics. «Auparavant, la plupart des entreprises s’appuyaient sur les diplômes comme gage de connaissances. Mais de nos jours, elles recherchent surtout des candidats avec des compétences pratiques qui les aideront à se développer. C’est pour cela qu’il faut miser au-delà des qualifications traditionnelles», a souligné Richard Qiu, vice-président et responsable de Business Development chez Udemy en déplacement à Maurice la semaine dernière. Il s’agit également pour les personnes ayant un emploi de mettre à jour leurs connaissances ou de se réorienter, ce qu’on appelle l’upskilling et le reskilling dans le jargon.

Toutefois, ils semblent être très peu à comprendre ces nouvelles dynamiques du marché de l’emploi d’après Roland Dubois. «Ceux qui sont à l’université se concentrent uniquement sur le curriculum, passant à côté des nouvelles tendances dans le monde du travail», déplore notre interlocuteur. Le directeur de Roland Dubois Consulting blâme le manque de career guidance et de recherches de la part des jeunes. «Il faudrait plus de rencontres entre les entreprises et les étudiants», pense Roland Dubois.

Pour Aurélie Marie, les jeunes devraient impérativement faire le bilan de leurs compétences, leurs qualités professionnelles et leur projet de carrière. «Évaluez vos options, informez- vous auprès des professionnels, faites des visites en entreprise, découvrez les métiers avant de faire votre choix de carrière. Une fois le métier choisi, assurez-vous qu’il y ait l’offre d’emploi pour ce métier», conseille-t-elle aux jeunes. Des conseils importants compte tenu du nombre élevé de diplômés au chômage qui se retrouvent sur le marché du travail chaque année. Ils étaient 9 700 en 2017, soit 23 % du nombre total de chômeurs.

De plus, il est important pour les jeunes de choisir des formations professionnelles qui «incluent connaissances théoriques et mise en pratique à travers des stages», d’autant plus que l’un des critères majeurs chez les entreprises reste l’expérience, en sus des qualifications. Dernier conseil, et non pas des moindres, de la part d’Aurélie Marie : «Sortez de votre zone de confort, confrontez-vous au monde du travail, n’ayez pas peur d’essuyer des échecs s’il le faut pour apprendre, comprendre et développer vos compétences.»

Les secteurs qui recrutent : BPO, TIC et hôtellerie

En ce début d’année, le plus gros demandeur d’emploi est l’hôtellerie, avance la Communication and Recruitment Specialist de MyJob.mu. L’hôtellerie et le tourisme représentent un quart des offres disponibles sur le site de recrutement en ligne. «Le secteur des TIC, celui de la restauration et de la finance également proposent de nombreuses opportunités d’emploi en ce début d’année», ajoute Aurélie Marie.

Le secteur du Business Process Outsourcing (BPO) et plus globalement celui des services ont également le vent en poupe, avec 350 postes disponibles sur le site de recrutement. Quant aux postes les plus demandés chez MyJob.mu, l’on retrouve les Accounts Assistants, conseiller client, technicien informatique, Software Engineer, développeur Web, assistant administratif ou encore cuisinier et vendeurs, énumère notre interlocutrice.

Chez Castille, l’on souligne que le secteur des TIC recrute énormément de jeunes, qu’ils soient fraîchement diplômés ou expérimentés. Toutefois, «on fait toujours face à un manque de main-d’oeuvre qualifiée sur le marché local surtout au niveau des développeurs Java, FullStack, et autres consultants Python, ERP et SAP entre autres», souligne Salim Peer. D’ajouter que cette tendance ne concerne pas uniquement Maurice. «La tendance est mondiale aujourd’hui en termes de rareté », note-t-il. Plusieurs postes sont à pourvoir sur le site de Castille, notamment ceux de General Manager, de Head of Finance, CEO-Fintech, Senior Financial Accountant, Insurance Administrator ou encore Linux System Administrator et plusieurs postes dans la filière Software Development.

Les secteurs agricole et manufacturier reculent au profit des services

Le rapport de Statistics Mauritius sur l’emploi et le chômage au cours de la décennie 2007-2017 paru en mai 2018, est très révélateur de l’évolution économique du pays qui est passé du secteur agricole vers la manufacture avant de transiter vers les services. «Le secteur tertiaire (services) a pris au fil du temps une place importante du marché de l’emploi. De 2007 à 2017, le nombre d’emplois dans ce secteur est passé de 281 800 à 372 600, englobant ainsi 68 % du marché de l’emploi à ce jour», fait ressortir Statistics Mauritius dans son rapport.

Quid du secteur agricole et manufacturier ? L’emploi dans ces secteurs est en déclin depuis ces dernières années, au profit du secteur tertiaire. Comprenant 44 100 employés en 2007, le nombre de personnes travaillant dans le secteur agricole n’était plus que 38 800 en 2017, ce qui est le résultat du déclin du secteur agricole. Même tendance au niveau du secteur secondaire (manufacturier) avec une baisse de 23 200 emplois entre 2007 et 2017.

De l’autre côté, la main-d’oeuvre locale gravit les échelons, occupant des postes de plus en plus importants, comme ceux de législateurs, directeurs, hauts cadres et techniciens de haut calibre. Selon Statistics Mauritius, s’ils n’étaient que 15,7 % des employés à occuper ces postes en 2007, ce taux a grimpé à 23,9 % en 2017. Ces postes comprennent bien évidemment les plus fortes rémunérations, avec un salaire moyen de Rs 38 200 par mois, dépassant de très loin le salaire minimum…

Source – L’Express.mu

Veda Dean : «J’ai abandonné des études en médecine pour la créativité»

L’an dernier, l’entreprise a lancé Discover (Mauritius)™, la première plateforme mobile touristique entièrement dédiée à faciliter la découverte de Maurice et à la promotion de la culture mauricienne.

D’origine indienne et mariée à un Mauricien, Veda Dean est entrepreneure passionnée par l’art et la créativité. C’est durant ses études en médecine pour devenir cardiologue qu’elle a décidé de poursuivre sa vraie vocation. Aujourd’hui, sa société Panda & Wolf Ad Agency est un succès.

Veda Dean a lancé son startup, Panda & Wolf Ad Agency, en novembre 2014, dans la Grande Péninsule et depuis janvier 2017, l’entreprise s’est relocalisée à Maurice. « En tant que fervents promoteurs de la technologie de pointe, nous proposons divers services tels que des systèmes numériques intégrants,  l’intelligence artificielle, le « data scrapping » et la réalité augmentée. Nous développons également des applications mobiles qui fonctionnent sans connexion Internet et des sites web (Progressive Web Applications) », explique-t-elle. À ce jour, Panda & Wolf figure parmi les 500 compagnies les plus novatrices d’Afrique pour l’année 2018, selon la Banque d’Afrique et l’African Entrepreneur Awards.

L’an dernier, l’entreprise a lancé Discover (Mauritius)™, la première plateforme mobile touristique entièrement dédiée à faciliter la découverte de l’île et à la promotion de la culture mauricienne. « Discover (Mauritius) ™ est d’ailleurs certifiée 100 % Made in Moris. Nous sommes reconnaissants de pouvoir bénéficier du soutien de  l’Association of Mauritian Manufacturers.

En tant que startup, l’AMM nous ouvre les portes de son réseau et nous permet d’apprendre d’autres entrepreneurs et innovateurs de l’île », fait ressortir Veda Dean. Le projet Discover (Mauritius)™ est aussi reconnu par l’African Travel Association et il est présentement en lice pour les Southern Africa Startup Awards 2018.  « En quelques mots, notre agence, c’est tout le professionnalisme du loup allié à la créativité et au fun du panda », indique-t-elle.

Mais comment a-t-elle décidé de se lancer dans ce domaine ? « En effet, j’étudiais la médecine dans le but de devenir cardiologue, mais j’ai toujours été portée par la créativité. J’ai très vite compris que ma voie, ce n’était pas de disséquer des gens, mais plutôt de les toucher grâce à l’art », raconte-t-elle.  C’est ainsi qu’elle a laissé tomber la médecine et s’est dirigée vers le Central Saint Martins College, à Londres.  « Cette expérience m’a permis de me spécialiser dans les beaux-arts, le collage contemporain, l’illustration et la typographie », dit-elle. En parallèle, Brian, son époux, travaillait alors dans le département photographie de Vogue, à Paris, et avait été transféré chez Vogue India. « C’est de cette façon que j’ai rencontré le loup de notre compagnie et que nous avons atterri ensemble dans ce domaine », ajoute-t-elle.

Travail d’équipe

Ses journées commencent à 4 heures. « Je m’occupe de la maison et me rends au travail à 6 h 30. Le fait de me lever tôt me permet de bien m’organiser. Nous arrivons au bureau à 7 heures et j’attaque immédiatement ma journée », poursuit-elle. Elle dit avoir la chance de travailler avec son époux dans la compagnie qu’ils ont bâtie ensemble. « Il me soutient au quotidien et nous faisons un véritable travail d’équipe et déléguons ensemble les tâches du jour. En tant que couple d’entrepreneurs, nos journées ne sont jamais des « 9 to 5 » mais plutôt du 24/7 », souligne Veda Dean.  Pour elle, l’élément essentiel qui consolide leur train de vie effréné, c’est le « time management » et une bonne discipline de soi.

Source – DéfiMedia

[Made in Océan Indien] Faire carrière dans le web développement à Maurice

Dans l’imaginaire collectif, le web développement est un monde éminemment masculin. Halte aux clichés, cet univers ouvre désormais grand la porte à la gent féminine. Le parcours de Reena Seetohul, responsable communication et marketing chez Astek Mauritius, prouve qu’il est possible de faire carrière dans le secteur en étant une femme et de la construire à Maurice.

Des jeunes Mauriciens qui peuvent œuvrer pour leur pays

«Ne partez pas, nous avons besoin de vous ! Il y a une constatation générale selon laquelle nous voyons les jeunes partir pour l’étranger. Ne pensent-ils pas avoir leur place dans le domaine qu’ils recherchent ici ? Le fait est que nous croyons dans le potentiel de cette jeunesse mauricienne. Voilà pourquoi je leur dirais tout simplement de ne pas partir !», conseille ainsi Reena Seetohul aux jeunes mauriciens.

Comment cette dernière est-elle parvenue à faire progresser sa carrière au cœur de l’Océan Indien?

Reena Seetohul, un bagage technique, mais pas seulement

Née et élevée à Strasbourg au sein d’une fratrie de 5 enfants, Reena vit à Maurice depuis 8 ans, loin de ses parents (d’origine mauricienne) et de sa famille, restés en France. Si ces derniers la voyaient suivre une voie médicale ou judiciaire, la vie en a décidé tout autrement… Elle a suivi un cursus qui englobe information, communication, marketing… et développement web.

Reena savait dès le départ sur quelles bases fonder sa carrière professionnelle : un bagage technique et un autre en communication. Ainsi, la jeune femme se lance dans l’informatique de gestion avec option développement d’applications. Les filles sont rares en classe, mais Reena s’accroche.

Rappelons que ce cursus inclut des mathématiques, de l’économie, du droit, de la conception et de la modélisation de systèmes d’information de gestion ou encore de la langue anglaise appliquée à l’informatique et à la gestion.

Un parcours professionnel qui commence très tôt

Encore étudiante, Reena Seetohul intègre XPCOM, une entreprise française, en tant que développeuse d’un site destiné à la gestion de stock dans le textile. Une première expérience professionnelle en entraînant une autre, elle est recrutée par Canon France, pour le développement d’un CRM destiné à centraliser les données commerciales pour implémentation sur Oracle.

Ainsi, pendant 5 ans, Reena a œuvré au développement d’autres systèmes de gestion (optimisation du recouvrement, gestion des déménagements, démarche qualité en conformité avec les normes ISO 9001 et ISO 14001, entre autres), à la formation de l’équipe commerciale à l’utilisation du CRM.

Ce dernier point est intéressant, étant donné que Reena s’est vu offrir une opportunité professionnelle au sein d’une société de formation. Basée à l’île Maurice, elle dispensait des formations en présentiels dans toute l’Afrique et les DOM-TOM, sur un DMS (Ndlr, Dealer Management System) développé pour la CFAO.

En juin 2015, Reena s’accorde une pause bien méritée. Après s’être recentrée sur sa vie familiale pendant 6 mois, l’appel de la vie professionnelle a fait son œuvre à travers Astek Mauritius. Né en 2003, il s’agit de la filiale du groupe Astek, entreprise de services du numérique depuis 1988. L’équipe se compose d’une centaine d’ingénieurs bilingues, diplômés de prestigieuses universités à travers le monde et spécialisés dans les dernières technologies. Les projets ne manquent pas et la clientèle est diversifiée : grands comptes, PME, start-up, organismes publics, etc.

Une soif insatiable de compétences

Rome ne s’est pas faite en un jour, ce n’est pas Reena qui dira le contraire. Pour participer plus efficacement à la stratégie d’expansion de son entreprise, cette professionnelle aguerrie finalise un Master en marketing Digital avec Paris Dauphine, via AIM – Analysis Institute of Management à Maurice. D’ailleurs, l’entreprise organisera fin septembre deux évènements destinés à accroître sa visibilité, mais surtout à convaincre les jeunes professionnels à rejoindre l’aventure.

Dans une démarche de «conscientisation des métiers de demain dans les TIC à Maurice, Reena souligne qu’«il faut effectivement continuer sur cette orientation (…). Maurice occupe une place très stratégique géographiquement. Il ne faut pas oublier qu’on a beaucoup de partenariats avec les pays d’Afrique, qui ne demandent qu’à être exploités encore plus».

Source – Frenchweb

Doing Business 2019 : l’Île Maurice gagne 5 places et se hisse dans le top 20 mondial

La Banque mondiale plébiscite Maurice pour ses efforts continus afin d’améliorer l’environnement des affaires. Dans le rapport Doing Business 2019, rendu public le mercredi 31 octobre, le pays gagne cinq places, s’affirmant comme une destination attrayante pour les investisseurs étrangers. Le Premier Ministre Pravin Jugnauth a souligné les efforts entrepris par son gouvernement pour gagner 19 places en seulement deux ans (49ème en 2017 et 20ème pour le classement 2019).

Ce gain de place est porté par une amélioration de 8 sous-indicateurs sur les 10 qui composent le classement. Par exemple, Maurice est à la 6ème place mondiale en ce qui concerne l’efficience du système de taxes et 15ème pour la protection des intérêts des investisseurs.

« Maurice, qui rejoint le groupe des 20 premières économies cette année-ci (le seul pays d’Afrique), a méthodiquement réformé son environnement des affaires dans le temps », est-il dit dans le rapport publié en ligne. « Au cours de la décennie écoulée, Maurice a restructuré plus d’une fois dans tous les domaines évalués par Doing Business ». La baisse des délais d’enregistrement des biens immobiliers et d’incorporation d’une entreprise sont les deux exemples pris par les rédacteurs du rapport pour présenter les efforts entrepris par Maurice.

L’Île Maurice réaffirme son importance sur le continent africain et dans la région Afrique de l’Est

Le classement Doing Business est établi sur 190 pays. Les cinq premières places sont occupées par la Nouvelle-Zélande, Singapour, le Danemark, Hong Kong et la Corée du Sud. Sur le continent Africain, Maurice conserve sa première place devant le Rwanda. L’Afrique du Sud, l’économie la plus industrialisée du continent, n’est qu’à la 82e place. Dans la région de l’Afrique de l’Est, les Seychelles pointent à 96e place alors que Madagascar est à la 161e position. L’Île Maurice réaffirme donc son poids sur le continent et sur sa sous-région, l’Afrique de l’Est.

L’Economic Development Board (EDB), l’agence de promotion des investissements à l’Île Maurice se réjouit de ce nouveau classement. Pour François Guibert, son CEO, le classement confirme que Maurice « demeure une juridiction compétitive et attrayante tout en consolidant la confiance des investisseurs ». Cependant, progresser davantage dans le classement sera plus difficile. Maurice vient d’entrer dans une partie du tableau extrêmement concurrentielle et exigeante. « Ce que nous faisons maintenant en termes de réformes réglementaires, de processus d’affaires et de transformation numérique exige également une plus grande détermination et un changement de paradigme pour continuer à progresser », affirme François Guibert dans la newsletter de l’EDB.

Source : Defimedia.info

L’enseigne « Le Méridien » renoue avec ses origines « glamour »

Le 16 novembre dernier, l’équipe mauricienne de l’enseigne Le méridien organisait un cocktail de réseautage avec ses meilleurs partenaires / TO et représentants de la presse locale. L’occasion de dévoiler le concept «Au Soleil», un programme de la marque Le Méridien qui a pour vocation de renouer avec les racines historiques de ce pionnier du tourisme moderne.

Le soleil ne se couche jamais dans les Méridiens. C’est sûrement ce qui a inspiré le concept dévoilé par Marie Laure Blaise, responsable de la communication et Mathieu de Tonnac, directeur général du Méridien île Maurice. « Pour célébrer nos racines européennes, nous présentons Au Soleil. Ce programme nous permet d’apporter le style méditerranéen intemporel et ultra-chic tout en nous inspirant du patrimoine français duMéridien. Un programme mondial qui donne vie au glamour ludique des étés européens avec des jeux de bord de mer emblématiques, des apéritifs rosés et une bande-son au soleil de la Nouvelle Vague », souligne  Marie Laure Blaise.
« Avec un soupçon de fantaisie et un clin d’œil nostalgique au glamour de la Côte d’Azur dans les années 1960, ce programme a pour but d’inciter les voyageurs à explorer le monde avec style, comme nous avons été inspirés lorsque nous visitons des destinations comme Maurice« , mentionne Mathieu de Tonnac.


À propos du Méridien Hotels & Resorts
Le Méridien Hotels & Resorts, né à Paris, marque l’âge d’or du voyage glamour avec plus de 100 hôtels dans le monde, de Maurice à Monaco et de Santa Monica à Séoul. Avec sa promesse de marque Destination UnlockedLe Méridien incite les voyageurs créatifs à explorer le monde avec style grâce à des programmes et des partenariats effervescents. 
Depuis 2016, l’enseigne a été reprise par l’Américain Marriott International, numéro un mondial des chaînes hôtelières, qui comprend un portefeuille de plus de 6 700 établissements appartenant à 30 grandes marques hôtelières réparties dans 130 pays et territoires. Marriott exploite et franchise des hôtels et concède des licences à des centres de villégiature dans le monde entier.

Source – l’Eco Austral

Île Maurice. De l’électricité à base de canne à sucre

Sur l’Île Maurice, la bagasse, résidu issu du broyage de canne à sucre, sert de combustible dans les centrales électriques à charbon, diminuant la dépendance aux énergies fossiles.

solée dans l’océan Indien et ne pouvant compter que sur elle-même pour son électricité, l’île Maurice s’emploie à diminuer progressivement sa dépendance aux énergies fossiles en développant les énergies renouvelables, notamment la production d’électricité grâce à sa principale culture, la canne à sucre.

Depuis une quinzaine d’années, la bagasse, le résidu fibreux issu du broyage de la canne à sucre, est largement mise à contribution pour produire de l’électricité, au point désormais de pourvoir à 14 % des besoins de l’île. L’île Maurice dispose d’un système tout particulier pour sa production d’énergie : 60 % des besoins en électricité de l’île sont produits par quatre sociétés sucrières qui font tourner chacune une centrale thermique. Ces quatre centrales tournent normalement au charbon mais quand la saison de la canne arrive, la bagasse remplace le charbon comme combustible.À la fin du mois de novembre, la récolte bat son plein dans les champs environnant la société Omnicane, située dans le sud de l’île Maurice. Une noria de poids lourds tirant d’immenses remorques viennent s’aligner près d’un entrepôt non moins impressionnant pour y décharger leur cargaison de canne à sucre fraîchement coupée.

Durant la période de récolte, ce sont chaque jour 8 500 tonnes qui sont ainsi acheminées dans cette installation (soit environ 900 000 tonnes de canne dans l’année). Les tiges de canne sont alors broyées afin d’en extraire le jus qui servira à produire le sucre. La bagasse est de son côté lavée de manière à en extraire le maximum de liquide sucré, puis elle est chauffée pour en réduire le taux d’humidité. Elle part alors alimenter une centrale thermique où elle brûlera à plus de 500 °C, une combustion qui permettra à des turbines de produire de l’électricité, dont une très grande partie sera acheminée sur le réseau national (le reliquat servant à alimenter l’entreprise).

« L’électricité est disponible 24 h/24, à la demande, sans avoir à attendre le vent ou le soleil, puisqu’on peut stocker la bagasse comme on le ferait pour l’huile lourde et le charbon », se félicite Jacques D’Unienville, directeur général d’Omnicane. Quant au CO2 produit lors de la combustion de la bagasse, il est récupéré selon Jacques D’Unienville « pour la production de gaz carbonique destiné aux entreprises de boissons gazeuses ».

Au total, près d’un quart (22 %) de l’énergie produite à Maurice est renouvelable, en prenant également en compte le solaire, l’éolien et l’hydroélectrique. Et « l’objectif du gouvernement est d’augmenter la part de l’énergie renouvelable dans le mix énergétique à 35 % en 2025 », explique le Premier ministre adjoint et ministre de l’Énergie, Ivan Collendavelloo. « Les 35 % ne sont pas très loin. Nous aurons 11 parcs solaires d’ici l’an prochain (2019) et au moins deux parcs éoliens (…) Les producteurs indépendants de l’industrie sucrière continueront à fournir la plus grosse part d’électricité renouvelable à partir de la bagasse », ajoute Ivan Collendavelloo.

Un système menacé

Mais ce système de production pourrait rapidement trouver ses limites tant la filière sucrière mauricienne est confrontée à une concurrence internationale accrue, notamment depuis la fin en 2017 des quotas européens sur le sucre. « L’abolition des quotas des betteraviers depuis le 1er octobre 2017 ainsi que la surproduction en Thaïlande, au Brésil et en Inde ont entraîné une baisse drastique du prix du sucre sur le marché international et portent un coup fatal à l’industrie sucrière locale », s’alarme Jacqueline Sauzier, secrétaire générale de la Chambre d’agriculture de Maurice.

La chute des prix mondiaux du sucre a entraîné un désengagement de nombreux petits producteurs à Maurice, dont la canne venait alimenter les gros acteurs sucriers. « Le nombre de petits planteurs est passé de 26 000 en 2010 à 13 000 en 2018. Une diminution drastique de 50 % en 8 ans », reconnaît le ministre mauricien de l’Agro-industrie, Mahen Kumar Seeruttun.

La question désormais est donc de savoir si Maurice produira suffisamment de canne à sucre pour augmenter sensiblement la part de l’électricité issue de la bagasse dans sa production nationale. Les acteurs du secteur demandent des accès protégés à certains marchés pour pouvoir s’en sortir. « Maurice est une petite île vulnérable. Nous n’avons pas la capacité qu’ont la Thaïlande, le Brésil et l’Inde mais nous sommes un producteur efficient puisque nous valorisons toute la chaîne de production sucrière. Nous avons besoin d’avoir des accès protégés dans les marchés préférentiels. Les petits pays devraient avoir des quotas en priorité étant donné que nous sommes très vulnérables », plaide ainsi Jacques D’Unienville.

Source – Le Telegramme

Un accord d’entente signé entre Maurice et la Russie : quelles sont les opportunités d’affaires entre les 2 pays ?

Une délégation de 25 membres en provenance de la Russie est à Maurice pour une visite officielle du 19 au 21 novembre 2018. Dans ce contexte, l’Economic Development Board (EDB) et les chambres de commerce et d’industrie de Moscou et Lipetsk ont procédé lundi à la signature d’un Memorandum d’entente ayant pour but de promouvoir Maurice comme une plateforme d’investissements pour la Russie.

Les exportations mauriciennes vers la Russie en 2017 se situaient à $ 2,1 millions (principalement du thon, des sucres spéciaux et du textile). Inversement, selon Charles Cartier, président de l’EDB, « en termes d’investissements directs à l’étranger (IDE), Maurice en a enregistré $ 3,91 millions en provenance de la Russie en 2017 ».

Charles Cartier affirme que la signature d’accord entre l’EDB et les chambres de commerces russes consolidera davantage les liens commerciaux que partagent les deux pays. Par ailleurs, l’accord permettra aussi aux investisseurs russes d’utiliser Maurice comme un tremplin pour investir dans les pays africains. Plus particulièrement, en passant par Maurice, les entrepreneurs russes peuvent bénéficier des accords privilégiés de la SADC et du COMESA.

Pour sa part, Konstantin Klimovskiy, ambassadeur de la Russie à Maurice, a fait ressortir que la visite du ministre des Affaires étrangères mauricien Vishnu Lutchmeenaraidoo à Moscou en 2017 a donné un nouveau dynamisme aux relations qu’entretiennent les deux pays. « La FinTech, le Blockchain, l’intelligence artificielle et la crypto-monnaie, entre autres sont des secteurs à exploiter », soutient-il.

Source : Defimedia.info